Sortir des sentiers battus… intelligement !

Tourisme durable, écotourisme, tourisme équitable… la tendance du voyage est au vert. Mais bien plus qu’une mode, ce phénomène répond à un besoin urgent de préserver nos sites touristiques…

Depuis plus d’une dizaine d’années, les touristes, toujours plus nombreux, cherchent à s’éloigner des foules, des hôtels HLM, des bords de mer bétonés, ou du voyage en groupe trop encadré. Selon l’Organisation Mondiale du Tourisme, les flux touristiques devraient doubler à l’horizon 2010. Dans ce cadre, le tourisme pourrait devenir une cause de pollution majeure des trésors de la planète. On parle souvent de ces pionniers du tourisme qui tentent de développer telle ou telle forme de tourisme dans une contrée méconnue à l’autre bout du monde. Si la France ne compte plus guère de centimètres carrés inexplorés, il n’en demeure pas moins indispensable de préserver ce
patrimoine qui fait vivre près de 15% de la population… et revivre ceux qui s’échappent de leur quotidien pour prendre un bol d’air… Alors voilà : pour avoir encore longtemps le loisir et le privilège d’observer faune et flore de nos campagnes, fonds marins des littoraux, ne pas transformer toutes nos côtes en résidences-vacances, défigurant définitivement les paysages qui, de fait, n’attireront plus les touristes du monde entier, il nous faut repenser nos comportements de touristes consommateurs et de/ou d’acteurs du tourisme local.

« Take only pictures, leave only footprints »
« Ne prenez que des photos, ne laissez que des traces de pas », c’est la maxime que l’on peut lire à l’entrée de chaque parc naturel américain. Bien que l’Amérique ne compte pas parmi les modèles écologiques les plus
aboutis – loin s’en faut – il faut reconnaître que le principe et la formule sont louables. En d’autres termes, il est urgent d’apprendre à nous passer de nos douches quotidiennes en pleine nature avec des savons chimiques ultra-polluants, à ne plus jamais jeter quoi que ce soit, même lorsque d’autres l’ont largement fait avant nous… Préserver la nature, c’est déjà bien, mais choisir un mode de tourisme qui répond à des valeurs de développement durable, c’est mieux.

Voyager différemment, mieux, utile…
Pour faire face au développement sauvage du tourisme de masse qui rompt trop souvent l’équilibre fragile des écosystèmes locaux, de nouvelles offres de tourisme voient le jour pour touristes solidaires et responsables. Les opérateurs de tourisme dits « de nouvelle génération » ont une triple exigence : proposer de réels produits touristiques attrayants, promouvoir les comportements responsables, et développer un tourisme qui favorise la préservation des cultures et de l’environnement. Ils doivent également développer une activité économique qui sert réellement les intérêts des communautés locales. Alors même que l’individualisme est exalté par nos sociétés consuméristes et que les valeurs d’échange et de partage sont ringardisées et reléguées aux idéologies post soixante-huitardes, il semblerait que la nature décide à notre place : plus question d’envisager le développement économique et touristique sans poser les questions de la préservation de l’environnement.
Qu’on soit voyageur ou professionnel du tourisme, il est des attitudes et des choix citoyens à faire. La plupart relèvent du bon sens et de nombreux organismes et associations s’en font le porte-parole. Les outils existent, reste à les découvrir (avec, notamment, les sites et organismes que nous vous proposons ici) et propager l’idée de voyager intelligemment.

 

PETIT ABRÉGÉ DU TOURISME RESPONSABLE ET SOLIDAIRE

Durable, équitable, éco, quelle différence ?
Pour définir cette nouvelle façon de voyager, les termes ne manquent pas, mais ils ne signifient pas tous la même chose…

Le tourisme durable :
Selon l’OMT, le tourisme durable est une façon de gérer « toutes les ressources permettant de satisfaire les besoins économiques, esthétiques et sociaux et de préserver l’intégrité culturelle, les écosystèmes, la biodiversité et les systèmes de soutien de la vie ». Le produit touristique doit donc répondre aux exigences de respect à long terme de l’écosystème, de viabilité économique et d’équité sur le plan éthique et social pour les populations locales.

Le tourisme équitable :
Ce terme désigne l’ensemble des activités de services, proposées par des opérateurs touristiques à des voyageurs responsables. Les activités sont élaborées en grande partie ou en totalité par les communautés d’accueil qui en conservent la maîtrise. Les bénéfices sociaux, culturels et financiers, dont les intermédiaires sont réduits au plus petit nombre, sont perçus en grande partie localement, et sont équitablement partagés entre les membres de la population autochtone.
L’écotourisme :
L’écotourisme est «une forme de voyage responsable dans les espaces naturels qui contribue à la protection de
l’environnement et au bien-être des populations locales» (International Ecotourism society). Les buts de ce type de
tourisme sont : l’observation de la nature et des cultures dans les zones naturelles, avec une dimension éducative. Ce tourisme se pratique généralement en groupes restreints.

A LIRE

Comment chier dans les bois ?
Pour une approche environnementale d’un art perdu
Éditions Édimontagne
Sous un titre un peu grivois, Kathleen Meyer propose un ouvrage tout à fait sérieux qui nous apprend, à chaque page, comment préserver la nature lorsque l’on s’y promène ou qu’on y campe. Cet ouvrage nous explique, entre
autres, pourquoi il est indispensable de traiter nous-mêmes nos déchets et comment s’y prendre.

 

Touriste ou professionnel du tourisme
comment s’engager ?

Créée en 2000, l’association « Citoyens de la terre » a pour but d’informer et réaliser des actions concrètes en faveur de l’éducation à l’environnement et du développement durable. Depuis la première mission de soutien à la préservation d’un parc naturel au Costa Rica, ils ont fait du chemin. La démarche de tourisme durable ne concerne pas que les contrées oubliées à l’autre bout du monde. Il s’agit en fait d’inciter tous les acteurs du tourisme (professionnels et consommateurs) à prendre conscience de leur impact sur l’environnement et les guider vers des pratiques plus respectueuses. Notamment, pour les hébergements, CDT propose une grille d’évaluation de 65 critères environnementaux. Aujourd’hui,ils concentrent leurs actions autour du bassin méditerranéen et du quart Sud-Est de la France. En effet, la région a vu sa démographie et son nombre de visiteurs exploser dans les années
50, une évolution récente et brutale qui a un impact direct très important sur l’environnement : urbanisme, traitement des déchets, utilisation de l’eau, pollution de l’air, etc. Les Citoyens de la terre cherchent donc des solutions qui favorisent le développement touristique en prenant en compte le facteur environnemental. Ils proposent des actions d’information, des débats et des actions concrètes avec les acteurs du tourisme soucieux de préserver leur patrimoine naturel et culturel. Toutes les informations sur leur site :
http://www.eveil-tourisme-responsable.org

 


Sur le web…
http://tourisme-durable.net
www.actionconsommation.org
www.ritimo.org
Union Nationale des Associations de Tourisme et de Plein Air
www.unat.asso.fr
www.tourismesolidaire.org
Ministère délégué au tourisme
www.tourisme.equipement.gouv.fr/fr/home.jsp