dossier : Cette année, je crée ma chambre d’hôtes !

Beaucoup en rêvent et beaucoup franchissent le pas. Depuis quelques années, les chambres d’hôtes fleurissent dans toutes les régions avec une palme d’or au quart Sud-Est bien-sûr.

Vous aussi, vous rêvez d’ouvrir vos portes aux voyageurs ? Voici quelques conseils sur la marche à suivre…

 

Qu’est-ce qu’une chambre d’hôtes ?

Une chambre d’hôtes est un habitat particulier, où le propriétaire accueille des touristes à la nuitée. La prestation comprend un petit-déjeuner, parfois un repas du soir dans le cadre d’une table d’hôtes. La capacité est limitée à 5 chambres et 15 personnes.

 

Sûr de votre projet ?

Avant de se lancer, il convient de se poser quelques questions essentielles : Aurez-vous la patience de satisfaire les désirs, voire les caprices, de vos clients ? Saurez-vous vous faire respecter dans votre propre maison, préserver votre intimité, tout en étant disponible ? Surmonter le «coup de feu» de la pleine saison avec les accueils, la cuisine, le rangement, les lessives, le repassage, etc. et le vide de la morte saison? N’hésitez pas à rencontrer des propriétaires pour confronter votre motivation à la réalité.

 

Bien choisir la maison, mais aussi la région…

 Pour ouvrir une chambre d’hôtes, vous devez être propriétaire de votre habitation. Les chambres doivent se situer dans votre maison ou dans des bâtiments attenants et vous êtes tenu de vivre sur place. Enfin, pensez aux place de stationnement pour vos hôtes. Si certaines régions sont saturées, d’autres, en revanche, manquent d’équipements. Il est donc important de repérer l’endroit le plus propice à votre développement : capacité d’hébergement par rapport au potentiel touristique. Les Comités Départementaux du Tourisme peuvent vous y aider en vous renseignant sur la répartition des chambres d’hôtes et leur fréquentation.

 

Vos revenus

Pour dégager un réel bénéfice, il faut compter 3 à 4 chambres. En moyenne, une chambre est occupée 110 jours par an. Elle rapporte entre 1500 et 3000 € après déduction des frais d’exploitation, qui représentent 30 % du chiffre d’affaires réalisé. Pour augmenter leurs revenus et attirer la clientèle, beaucoup ajoutent une prestation de table d’hôtes. Cette configuration est particulièrement valable quand votre lieu est éloigné des restaurants. Enfin, certains adhèrent à un label à l’office du tourisme et ont leur propre site internet pour une meilleure visibilité.

 

Définir votre tarif

Votre tarif doit répondre à un triple objectif : assurer un bon rapport qualité/prix, permettre d’atteindre la meilleure rentabilité de l’investissement à des prix compétitifs, assurer le meilleur taux de remplissage de l’hébergement. Noubliez pas d’inclure la taxe de séjour dans votre tarif, elle se pratique dans la plupart des communes.

 

Chambres d’hôtes et imposition

Les activités de location de bâtiments meublés ainsi que les prestations de services (repas, location de vélos…) sont imposées dans la catégorie des BIC (bénéfices industriels et commerciaux). Si le chiffre d’affaires annuel généré par vos chambres d’hôtes (location, repas) est inférieur à 76 300 €, c’est le régime micro bic qui s’applique. Vous déclarez l’intégralité de vos recettes et l’administration fiscale vous octroi un abattement de 72 % sur votre chiffre d’affaires. Il faut noter que la location de meublés est en principe exonérée de TVA. Vous ne facturez donc pas la TVA mais vous ne pouvez pas non plus la récupérer sur vos achats courants ou vos investissements. En revanche, la fourniture de repas y est assujetti mais vous pouvez bénéficier d’un régime de franchise si les recettes ne dépassent pas certains montants.

Il existe d’autres régimes de déclaration fiscale, notamment lorsque les revenus dépassent 76 300€. Voyez les possibilités qui existent avec votre chambre de commerce.

Quelques chiffres

• En 2015, 23 000 loueurs gèrent un total de 61 000 chambres d’hôtes sur l’ensemble du territoire, soit une moyenne de 2,65 chambres d’hôtes par maison d’hôtes

• 45 % des chambres d’hôtes ne seraient pas agréées par un réseau.

• 12 000 €, c’est le prix moyen pour ouvrir une, et une seule, chambre d’hôtes avec une rentabilité limitée. En moyenne, une maison d’une capacité de trois chambres d’hôtes avec un taux d’occupation de 30% réalise un chiffre d’affaires annuel de 23 000 euros. Source : agence pour la création d’entreprises (APCE).

• 70 €, c’est le prix moyen d’une nuitée en chambre d’hôtes. Source : agence pour la création d’entreprises (APCE).

• 1500 chambres d’hôtes sont créées chaque année et sont affiliées aux fédérations.

 

Les agriculteurs relèvent de dispositions particulières. Les agriculteurs, un cas particulier. Sur le plan comptable et le plan fiscal, les agriculteurs sont en principe tenus de distinguer les revenus qu’ils retirent de leurs différentes activités. Toutefois, par mesure de simplification, les agriculteurs soumis au régime réel des bénéfices agricoles ont la possibilité de rattacher les revenus provenant d’activités touristiques à leurs bénéfices agricoles lorsqu’ils n’excèdent pas 30 000 €, ni 30 % du chiffre d’affaires agricole.

 

Les aides

Les travaux d’aménagement peuvent être subventionnés par le Département, la Région et la Communauté Européenne, notamment si vous adhérez à un label. Le total des subventions variant de 7000 à 12000 € par chambre. Si vous décidez proposer des hébergements labellisés (en rejoignant les «Gites de France» par exemple) vous pourrez peut-être bénéficier de subventions qui peuvent atteindre jusqu’à 30% de certains travaux.

En contrepartie, vous devrez adhérer à l’organisme et régler un certain nombre de frais, respecter les exigences de la classification de cet organisme, et accepter les contrôles… Il faut donc peser le pour et le contre, avant d’aller à la chasse aux aides… Dans certaines régions, des aides publiques françaises et européennes peuvent apporter une aide financière aux exploitants agricoles pour la création d’hébergements touristiques Pour cela, vous devrez vous renseigner auprès de la Chambre d’Agriculture de votre département.

Soignez vos relations !

Travaillez en réseau avec vos confrères et ne négligez pas vos relations avec l’office du tourisme et les restaurateurs alentours. Apprenez à connaître votre région pour être un bon interlocuteur pour vos hôtes : donnez-leur de bonnes adresses, renseignez-les sur les curiosités locales, proposez des cartes du coin et des plaquettes touristiques. Pensez à vous signaler sur la route (se renseigner auprès de la DDE). Signalez les langues étrangères que vous parlez. Soyez inventifs : proposez des séjours à thèmes : cuisine, découverte, balades, etc.

 

Vos interlocuteurs

Pour toutes vos démarches, vous devrez contacter votre mairie, votre assureur, vos services fiscaux ou la CCI pour les questions fiscales. Vous devrez également contacter la commission de sécurité du département (Service Incendie) lorsqu’il s’agit d’un gîte de grande capacité, d’un gîte d’enfants, acceptant plus de 7 enfants, d’une structure, chambres d’hôtes comportant 6 chambres. Mais aussi les services de la DDASS (Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales) ou de la D.D.J.S. (Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports), si vous souhaitez réaliser un gîte d’enfants.

La D.S.V. (Direction des Services Vétérinaires) lorsqu’il s’agit d’un gîte d’enfants ou d’un hébergement avec table d’hôtes.

EDF/GGF/CONSUEL (Comité National Sécurité Usagers Electricité) pour tout ce qui a trait aux équipements de chauffage, d’éclairage et d’électricité.