Vous avez une jolie maison, une chambre libre, l’envie d’accueillir des voyageurs… et vous vous dites : “Et si je lançais une chambre d’hôtes ?”. Bonne nouvelle : en France, le cadre est clair, et les démarches sont plutôt accessibles si vous suivez le bon ordre.
Dans cet article pour le blog de Gay Sejour sur gaymag.fr, on vous déroule la checklist essentielle : réglementation, déclaration, fiscalité, taxe de séjour, et quelques conseils concrets pour accueillir au mieux (et sereinement).
1) Vérifier que vous êtes bien… une “chambre d’hôtes”
Avant de parler paperasse, assurez-vous que votre projet correspond à la définition légale de la chambre d’hôtes. En France, ce terme n’est pas juste “marketing” : il s’appuie sur des obligations précises, notamment :
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Accueil assuré par l’habitant (vous êtes sur place)
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Petit-déjeuner inclus
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Linge de maison fourni
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Accès à WC et salle d’eau (privatifs ou partagés, selon votre configuration)
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Entretien régulier de la chambre et des espaces mis à disposition
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Limite : au maximum 5 chambres et 15 personnes accueillies en même temps
Ces critères sont détaillés sur Service-Public.fr. Respecter ce cadre vous évite de basculer dans un régime plus lourd (type hôtellerie / établissement recevant du public) si vous dépassez les seuils.
2) Déclarer votre chambre d’hôtes en mairie (obligatoire)
C’est la démarche incontournable : la déclaration en mairie.
Vous devez déposer le formulaire dédié (déclaration de location de chambre d’hôte). Selon les communes, cela peut se faire :
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en dépôt sur place,
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par courrier,
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ou via un portail en ligne local.
Certaines communes demandent aussi des infos complémentaires (capacité, période d’ouverture, coordonnées, etc.). Et dans certains territoires touristiques, la question d’un numéro d’enregistrement peut se poser (notamment si vous publiez des annonces en ligne). Le réflexe : un coup de fil à la mairie ou un passage sur le site de la commune.
3) Créer/immatriculer votre activité (si vous le faites “à titre habituel”)
Si vous exploitez la chambre d’hôtes de façon habituelle (et pas juste 2 week-ends par an), l’activité est considérée comme commerciale. Dans ce cas, vous devez vous déclarer via le guichet unique (immatriculation, régime, etc.), géré par l’INPI.
À ce stade, vous choisirez aussi votre cadre fiscal/social (ex. micro-entreprise, régime réel…). Il n’y a pas une réponse unique : tout dépend de vos charges, de votre chiffre d’affaires envisagé, et de votre situation personnelle.
Conseil pragmatique : si vous hésitez, faites une simulation simple (revenus prévisionnels – charges) ou échangez avec un comptable. Ça peut vous éviter un mauvais choix de régime dès la première année.
4) Prévoir la taxe de séjour (collecte et reversement)
La taxe de séjour est locale : son montant et ses modalités varient selon la commune (ou l’intercommunalité). En tant qu’hébergeur, vous devrez en général :
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la collecter auprès des voyageurs,
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puis la reverser selon le calendrier et le portail indiqués par votre collectivité.
Certaines plateformes gèrent cela automatiquement… mais pas toujours, et pas partout. Le plus sûr : demandez à votre mairie / office de tourisme comment ça fonctionne chez vous (tarifs, exonérations, déclaration en ligne, etc.).
5) Afficher clairement vos prix et vos conditions (règles “conso”)
Une chambre d’hôtes est soumise à des obligations d’information proches de l’hôtellerie : prix, prestations incluses, conditions d’annulation, etc.
À prévoir dès le départ :
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grille tarifaire claire (nuit + petit-déj inclus, options, suppléments éventuels)
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conditions d’annulation (souples, modérées, strictes… choisissez et assumez)
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informations pratiques (horaires d’arrivée/départ, accès, parking, animaux, etc.)
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remise d’une note/facture selon les règles applicables
Pour cadrer tout ça proprement, les fiches de la DGCCRF sont une excellente base.
6) Et si vous voulez proposer une “table d’hôtes” ?
Beaucoup de voyageurs adorent : un repas maison, un bon verre, et des rencontres. Mais la table d’hôtes est encadrée.
En pratique, retenez surtout :
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c’est généralement réservé aux personnes hébergées
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vous devez pouvoir informer clairement sur les prix et ce qui est servi
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si vous servez de l’alcool, il peut y avoir des règles spécifiques (licences, permis, etc.)
Si vous envisagez cette option, vérifiez les obligations exactes selon votre situation et votre commune.
7) Les indispensables hors “administratif” (à ne surtout pas oublier)
Même si ce n’est pas toujours listé en gros dans les formulaires, voici ce qui fait la différence entre un démarrage serein et un démarrage stressant.
Assurance
Au minimum :
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responsabilité civile (et souvent extension pour activité d’accueil)
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une RC professionnelle est fréquemment recommandée
Sécurité & confort
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détecteurs (fumée), consignes simples, trousse de secours
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chambre bien ventilée, literie de qualité, éclairage agréable
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wifi fiable (c’est devenu un critère “de base”)
Règlement intérieur “simple et humain”
Une page suffit, mais elle doit être claire : bruit, tabac, animaux, horaires, espaces partagés, etc. Plus c’est explicite, moins il y a de malentendus.
8) Accueil LGBTQ+ friendly : au-delà du label, une vraie attention
Sur Gay Sejour, l’idée n’est pas “d’étiqueter”, mais de rassurer et de garantir une expérience sereine.
Quelques bonnes pratiques très simples :
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Des messages inclusifs dans votre annonce (ex. “toutes les identités et tous les couples sont les bienvenus”)
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Un accueil neutre et respectueux (pas de suppositions : “votre mari/votre femme”)
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Des infos locales adaptées : plages, bars, restos, événements LGBTQ+ friendly
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Un traitement clair des situations : si un voisin/tiers a un comportement déplacé, vous savez comment réagir (et vous le faites)
Résultat : une confiance plus forte, de meilleurs avis, et une clientèle qui revient.
9) Fiscalité : comment déclarer les revenus d’une chambre d’hôtes ?
Les revenus issus d’une chambre d’hôtes sont imposés dans la catégorie des BIC (bénéfices industriels et commerciaux). En pratique, si vos recettes restent sous certains seuils, vous pouvez relever du micro-BIC : pour les revenus 2025 (déclarés en 2026), le plafond micro-fiscal pour une chambre d’hôtes est de 77 700 € et l’administration applique automatiquement un abattement forfaitaire de 50 % pour calculer le bénéfice imposable (au-delà, ou sur option, vous passez au régime réel avec déduction des charges réelles).
Côté social, selon votre situation, des cotisations peuvent être dues auprès de Urssaf : pour les revenus 2025, la fiche officielle indique une obligation de cotiser si les revenus de l’activité dépassent 6 248 € ; en dessous, les revenus restent soumis aux prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine.
Checklist express : ce qu’il vous faut avant de publier votre annonce
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Capacité (nb de chambres, nb max de personnes)
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Prestations incluses (petit-déj, linge, ménage, parking, clim…)
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Tarifs + conditions d’annulation
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Photos lumineuses (chambre, salle d’eau, petit-déj, extérieur)
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Déclaration mairie faite
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Statut/immatriculation ok si activité habituelle
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Organisation taxe de séjour
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Assurance adaptée
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