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Articles du mois de septembre 2006

Lisbonne, un week-end portugay

septembre 29th, 2006 by admin

Vue Mer n°4 _ septembre 2006

 Lisbonne
Un week-end Portugay !


Lisbonne est la capitale idéale pour concilier tourisme, culture et farniente, le temps d’un long week-end. La capitale portugaise a su préserver assez de son charme d’antan et de son caractère pour séduire les touristes en quête d’authenticité et de dépaysement.

En arrivant dans cette ville au bout de l’Europe, qui domine le Tage et la mer, et si l’on a que deux ou trois jours pour la découvrir, il est préférable de se dénicher un hôtel dans le centre historique, idéalement au Bairro Alto (voir encadré hôtels). Ce très joli quartier où se croisent des petites rues pavées, regorge de restos typiques ou plus sophistiqués, de boutiques branchées et de bars qui s’animent la nuit tombée. Certains soirs il y a foule, et les clients envahissent les trottoirs pour siroter leur verre plus à l’aise. C’est aussi dans ce quartier que se concentre une bonne partie de la vie gay nocturne lisboète (voir encadré «Côté nuit»). Depuis le Bairro Alto, il est très facile de visiter les principaux monuments de la ville, à pieds ou en empruntant ces petits tramways jaunes venus d’une autre époque. Le quartier du Chiado, célèbre pour ses cafés et ses théâtres, par exemple, ou celui du Carmo tout proche, dont il faut visiter les ruines très romantiques du couvent et de l’église, en partie détruits par le tremblement de terre de 1755. En contrebas, le passage vers le quartier de Palombina Baixa (idéal pour le shopping) peut se faire par la curieuse tour-ascenseur métallique de style neo-gothique de Santa Justa, conçu par un disciple de notre Eiffel national. D’en haut, la vue sur la ville est superbe.

Mais pour mieux apprécier Lisbonne, il faut prendre encore de la hauteur. A partir du square Luis de Camoes (Bairro Alto), le tram 28 mène directement au château Saint Georges (arrêt «Belvédère Santa Luzia»). Le panaroma sur la capitale et le Tage vaut réellement les cinq minutes de montée qui séparent l’arrêt de bus de l’antique forteresse. De là, en passant par le quartier d’Alfama dont les ruelles serpentent en contrebas du château, on peut facilement se rendre à la place du Commerce (praça do Comércio) et sauter dans le tram N° 15 (juste
en face de l’arc de triomphe de la rue Augusta) en direction d’Algès. Il faut descendre à l’arrêt «Mosteiro Jeronimos» et visiter le monastère Santa Maria de Belém (mosteiro os Jeronimos) un extraordinaire chef-d’oeuvre d’architecture manuelienne, mélange extravagant et unique de gothique tardif et de style Renaissance. Après cette visite, les plus gourmands ne manqueront pas les «pastéis de Belém», les pâtisseries traditionnelles de Lisbonne (grande patisserie à côté du monastère, face aux arrêts de bus). Après toutes ces calories, direction la tour de Belém toute proche, autrefois point de départ des caravelles des grands navigateurs portugais, marins exceptionnels et découvreurs infatigables de nouveaux mondes.

Si Lisbonne conserve une mémoire très vive de son brillant passé, elle n’en continue pas moins à se tourner vers l’avenir. Avec son Oceanarium (l’un des plus grands d’Europe), la gare moderne d’Oriente (imaginée par l’architecte espagnol Santiago Calatrava) et le pont de Vasco de Gamma au loin, le Parc des Nations (Parco do Naçoes), vaste zone commerciale, architecturale et industrielle conçue à l’occasion de l’exposition universelle de 1998, témoigne de cette «renaissance» contemporaine de la capitale portugaise.

L’autre particularité de Lisbonne, c’est d’être à proximité de très belles plages de sable, accessibles par les transports en commun. Si l’eau de l’Atlantique est un peu fraîche, certaines plages naturistes sont en revanche très chaudes. Pour faire des rencontres autochtones ou internationales derrière les dunes, compter 1h30 de trajet quand même (voir encadré plages). Voilà un week-end avec des journées bien remplies… Mais la visite ne s’arrête pas là. Car à Lisbonne, c’est la nuit, que la vie commence !

 

SE RENDRE À LISBONNE
Par avion, Lisbonne n’est qu’à 2h20 de Paris. L’aéroport International de Lisbonne se trouve à 7 km du centre-ville. Les compagnies aériennes portugaises, TAP-Air Portugal et Portugalia Airlines, au même titre que les compagnies aériennes internationales les plus prestigieuses ont des vols au départ et à destination de Lisbonne. Les bus nº 5, 22, 44, 45, 83, font la liaison entre l’aéroport de Lisbonne et plusieurs points de la ville. La distance aéroport-ville étant courte, comptez 15€ pour rejoindre le centre historique.


Restos

Lisbonne fourmille de bons petits restos de quartier où l’on sert des poissons sans prétention et la sempiternelle soupe, que les Portugais consomment été comme hiver…

Memories
Également appelé le restaurante «das tias», c’est-à-dire «des tantes», vaut le détour pour sa cuisine authentique et pour l’accueil très chaleureux du patron qui se baptise d’ailleurs lui-même «la patronne». C’est un petit endroit sympa et discret où l’on voit passer certains soirs des créatures improbables…
44-46 travessa da Palmeira
Flores

Le restaurant de l’hôtel Bairro
Alto est tenu de main de maître par le chef Henrique Sa Pessoa qui a su marier la qualité et la diversité des produits à l’originalité et à la subtilité des saveurs. Raviolis de cailles, agneau sauce aux palourdes… parfait !
http://www.bairroaltohotel.com
La maison des saveurs
Dans le quartier d’Alfama, un très sympathique petit resto qui vous sert des boulettes de poisson pas mal du tout pour 6€.
Cruzes da Sé, 15

Etape chic
C’est dans un très bel édifice situé place Luis de Camoes que l’hôtel Bairro Alto fait briller ses 5 étoiles. Cette élégante étape lisboète a su faire rimer avec sclasse le luxe d’un grand établissement avec le meilleur design contemporain, sans oublier pour autant le sens de l’authenticité et la perfection du service.
Ici, ce n’est pas l’usine (55 chambres) et chose rare, le restaurant offre une carte de grande qualité et sans prétention.
La décoration de l’hôtel a été confiée à José Pedro Vieira, qui a su trouver un juste équilibre entre style raffiné et contemporain. Une telle prestation a un prix (environ 300€) que vous ne
regretterez pas. Du vrai luxe, pour se sentir mieux que chez soi, loin de chez soi.
Hôtel Bairro Alto
2, place Luis de Camoes - Lisboa
www.bairroaltohotel.com

Etape gay
L’hôtel Pousada dos Anjos est la pension de famille version gay. Situé dans un bel immeuble ancien, avec son joli jardin et ses 32 chambres, l’accueil 100% gay a de quoi mettre à l’aise les plus timides.
Les prix des chambres sont compris entre 20 et 70 € suivant la prestation et la saison. Pas cher, sympa et convivial.
Conseil : en période de canicule, éviter les petites chambres sous les toits… Ca chauffe !
Hôtel Pousada dos Anjos
31 rua dos Anjos - Lisboa
http://pousadadosanjos.com/

 

Boire un verre

Bars gay du Principe Real
Le 106
Rua de Sao Marçal 106 - www.bar106.com
Le Max - plus âgé, bears le jeudi, soirée messages le lundi.
Rua de Sao Marçal, 15
Bric-à-bar - Seul bar avec dark room après 1h
Rua Cecilio de Sousa 82-84

Bars gay du Bairro Alto

>Mar a Dentro - design et très chaleureux
Rua do Alecrim, 35
Portas Largas
Rua da Atalaia, 105

Bars lesbiens du Bairro Alto

>Memorial - butch (à quelques pas du Purex…)
>Purex
Rua das Salgadeiras, 28

Rencontrer

>Parc Edouard VII
Surveillé et parfois dangereux…

Danser

>Looks (le plus chic)
Bairro Alto
>Fragil (le plus branché)
Rua da Atalaia, 128
Bairro Alto
>Mister Gay (la plus ancienne, avec spectacles)
Quinta da Silvera
Monte da Caparica
>Finalmente (show travesti)
Rua da Palmeira, 38
Principe Real


Les plages

Pour rejoindre les plages très fréquentées par les lisboètes, il faut prendre le ferry à partir de Cais do Sodré, direction Cacillhas. Arrivé de l’autre côté du Tage, sauter dans le bus (direction costa da Caparica) et descendre au terminus. Le plus dur est fait… à partir de là, un petit train touristique attend les baigneurs. La plage naturiste et gay commence à l’arrêt n° 17 (il faut sonner pour que le train s’arrête).

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La figue à toutes les sauces

septembre 28th, 2006 by admin

La Figue à toutes les sauces

Vue Mer n°4 _ septembre 2006


Un plat, un vin et un dessert de saison

Volaille farcie aux figues

Pour 4 à 6 personnes
Préparation : 1 h - Cuisson : 20 mn. par 500 g

- 1 volaille (dinde, chapon, poularde…) de 2,5 à 3 kg
- 1 douzaine de figues sèches
- 200 g de foies de volailles
- 200 g de lard frais haché
- 2 poignées de chanterelles grises
- 1 gros oignon
- 1 grosse gousse d’ail
- 1 poignée de mie de pain
- 1 verre de lait
- 1 bouteille de vin rouge
- cannelle et muscade
- 5 branches de persil
- beurre
- sel et poivre

Préparation
Réserver 2 figues et faire macérer pendant 2 heures les 10 autres dans le vin rouge en ajoutant un bâton de cannelle et un peu de muscade.
Préparer la farce :
Hâcher l’oignon et le faire suer dans le beurre à feu doux jusqu’à transparence. Couper les champignons, les foies de volaille, l’ail et les 2 figues restantes en tout petits morceaux. Ciseler le persil, hâcher le lard. Détremper la mie de pain dans le lait et l’essorer avec les mains.
Mélanger le tout, poivrer. Farcir la volaille avec le mélange et la coudre. L’enduire de beurre fondu et enfourner à four chaud (175°C).
Le temps de cuisson dépend du poids : 20 mn. pour 500 g.
Pendant ce temps…
Porter le vin et les figues à ébullition, puis laisser mijoter à feu doux pendant une demi-heure. Après une heure de cuisson de la volaille. Ajouter un verre d’eau, et disposer les figues cuites dans le vin autour de la volaille. Arroser régulièrement jusqu’à la fin de la cuisson. Ajoutez un peu de sel et poivre avant la fin de la cuisson.

Tiramisu aux figues

Pour 4 personnes
Préparation : 25 mn

Ingrédients
- 200 g de croquants aux amandes
- 500 g de figues
- 250 g de mascarpone
- 3 dl de nectar de figues
- 60 g miel
- 2 oeufs
- 100 g d’orange
- 30 g sucre poudre blanc

Préparation
Dans une casserole, cuire à feu modéré pendant 10 mn le nectar et le miel. Laver et essuyer les figues, réserver la moitié. Couper les autres en lamelles et plonger les lamelles dans le nectar frémissant. Pocher pendant 4 mn, retirer, égoutter et laisser tiédir.
Cuire le sirop pendant 10 mn et laisser tiédir. Réserver. Casser grossièrement les biscuits et les repartir dans 4 coupelles. Disposer les lamelles de figues et arroser avec la moitié du sirop tiède. Râper le zeste d’orange et presser le jus. Dans un grand bol, mélanger le mascarpone avec le sucre, les jaunes d’oeufs, le zeste, la moitié du jus d’orange et 1 cuiller à soupe de sirop.
Monter les blancs en neige et incorporer au mélange. Répartir dans les coupelles et faire prendre au réfrigérateur.
Pour servir, couper les figues en quatre, décorer avec zeste et sirop froid.

Vin de figues
(avec jeunes feuilles de figuier)

Préparation :
15 min

Ingrédients

- 5 l de vin rosé
- 75 cl d’alcool de fruits (40 à 45°)
- 1 kg de sucre en morceaux
- 500 g de feuilles de figuier (jeunes pousses, déjà
entièrement constituées)

Préparation
Dans une bonbonne de 10 litres, verser tous les ingrédients.
Mélanger jusqu’à dilution du sucre. Laisser macérer pendant environ 30 jours, en remuant une fois par semaine.
Après 30 jours, ôter les feuilles, filtrer et mettre en bouteilles.

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Une balade du côté de la mâchoire de pierre

septembre 28th, 2006 by admin

Balade Vue Mer n°4 _ septembre 2006

Une balade du côté de la mâchoire de pierre

avec le Comité Départemental du Tourisme des Bouches-du-Rhône

Une demi-journée de circuit en voiture aux pieds de la montagne Sainte-Victoire… Le Comité Départemental du Tourisme des Bouches-du-Rhône propose un grand choix de promenades à pied, en voiture et bientôt à vélo. Classées par difficultés et longueur, retrouvez de nombreuses balades sur le site http://www.visitprovence.com dans la partie «Loisirs de pleine nature». La route qu’il nous propose ici nous fait découvrir la «barre du Cengle» et ses villages fortifiés.

Départ : Château de Beaurecueil

Beaurecueil au pied de la montagne Sainte-Victoire renferme un château massif construit au XVIIème siècle. Entouré d’un très beau parc, la bâtisse flanquée de tours d’angle remarquables, attire votre regard. Ici, tout vous ramène à un autre âge : les grilles, les solides piliers ornés de têtes sculptées, mais aussi une certaine douceur de vivre. Les rares maisons judicieusement disséminées dans l’espace paraissent mariées à la nature, comme si les murs avaient poussé de la terre, aux côtés des arbres. Depuis le château, prendre la D46 en direction de Châteauneuf-le-Rouge. En suivant la D46, vous longez le contrefort Ouest de la barre du Cengle. Cette couronne rocheuse délimite en arc de cercle le plateau de Maurély posé au pied de Sainte-Victoire. Cet endroit baigné d’un soleil éclatant renferme bien des lieux aux noms et histoires étranges : le Pas de la Vache, le Pas de Monsieur, la Cabane du Loup, les Masques, le Pas de la Lèbre… De chaque côté du parcours, on aperçoit de belles propriétés brossées par les courants d’air frais qui descendent de la montagne. On remarque aussi de grands champs cultivés si parfaits de forme et de lumière qu’on les croirait dessinés aux crayons de couleur.

Arrivée à Châteauneuf-le-Rouge. L’entrée du village se fait par le quartier des «Fourches». Le village à l’origine était un hameau cossu composé d’un grand château et de ses dépendances fermières. Il renferme aujourd’hui une population plus importante, mais la bâtisse d’origine et sa filiation n’en ont pris que plus d’importance. La cour pavée du château accueille chaque année en juillet le Festival de la Musique et du Théâtre. Ceux qui s’y rendent peuvent également ment visiter le Musée Arteum qui présente une collection de peintures contemporaines ainsi qu’une reconstitution de l’atelier du peintre Arsène Sari. Prendre à gauche la N7 en direction de Puyloubier. À partir des remparts de l’ancien château, la N7 s’enfonce vers l’est entre de grands espaces agricoles. Après le lieu-dit «Les Bannettes», prendre à gauche la D57b en direction de Puyloubier. On aperçoit droit devant, calé au fin fond de la barre du Cengle, le village de Puyloubier.

Avant d’y entrer, la D57b longe champs, ruisseaux d’irrigation, vieux cabanons de pierre et autres constructions agricoles qui modèlent un paysage de plaine. Vu d’ici, l’alignement régulier des roches striées de la barre du Cengle fait penser à une immense mâchoire naturelle, tout juste édentée par la brèche du «Troncas». À l’arrivée sur Puyloubier, la D57b croise le GR9 qui propose au randonneur une balade dans le village jusqu’au musée de l’Uniforme installé dans les bâtiments de la Légion étrangère. Un peu plus haut le sentier croise l’oratoire de Malivert et monte jusqu’au sommet de la Sainte-Victoire.

Prendre à gauche la D17 en direction de Saint-Antonin-sur-Bayon. En sortant de Puyloubier, on aperçoit de part et d’autre de la route une végétation sauvage. Ici, après avoir laissé une lourde part d’elle-même aux flammes, la garrigue reprend ses droits. Grâce sans doute à la bonté de Sainte-Victoire, la nature a su se défendre avec l’aide de ces orages grandioses et terribles qui, en hiver, effrayent parfois le promeneur.

Après quelques belles fermes en pierre taillée, la D17 arrive à Saint-Antonin-sur-Bayon. Aux abords de ce village dominé par un superbe château du XVIIIème siècle, on trouvera de nombreuses balades pédestres à faire en direction du plateau du Cengle et de Maurély. De plus, de vastes étendues propices à la détente, au repos dans de hautes et accueillantes herbes bordent le cours du Bayon. Ainsi, après avoir goûté un brin de repos, le retour vers Beaurecueil est possible par la D17 puis la D46.

Arrivée : château de Beaurecueil

Retrouvez toutes les balades du Comité Départemental du Tourisme des Bouches-du-Rhône sur www.visitprovence.com

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Antonio Serzedelo, portugay et fier de l’être !

septembre 28th, 2006 by admin

Hors-Normes Vue Mer n°4 _ Septembre 2006

Antonio Serzedelo

Portugay et fier de l’être

Antonio Serzedelo fait partie d’une espèce rare, non pas en voie de disparition, mais (on l’espère) en voie d’apparition au Portugal. Dans ce pays où la religion, la rigidité de la tradition, le poids des conventions et le machisme ambiant sont un frein à l’expression des diversités sexuelles, Antonio fait office de précurseur, si ce n’est de prophète.

Cet homme de 60 ans, qui a su vivre son homosexualité au mépris des conventions sociales, à une époque (la dictature) où ce genre de fantaisie vous menait tout droit en prison et vous mettait au ban de la société dans le meilleur des cas, a eu le courage de militer pour la reconnaissance des gay, souvent au mépris de sa propre sécurité. Fondateur et président de l’association “Opus Gay” (référence ironique et irrévérencieuse à l’Opus Dei), il n’a cessé de travailler pour changer un peu la mentalité de ses compatriotes et l’image négative dont souffre toujours l’homosexualité au Portugal.

Dans cette guerre, Antonio a une technique éprouvée : la confusion des genres, qu’il manie comme une arme de déstabilisation. Par exemple, quand on lui demande de se définir, il n’hésite pas à se qualifier de “libertaire, libertin, libre, catholique, marié avec une femme et gay”. Une provocation qui a l’audace et l’intelligence de renvoyer les tenants officiels de la morale bon teint à leurs débats stériles. Ce professeur d’histoire aurait pu avoir une vie tranquille et rester discrètement dans l’ombre, comme l’immense majorité de ses semblables. Mais son goût pour la liberté et son mépris de l’injustice l’ont tout naturellement amené à la lutte contre toutes les discriminations. A la chute du fascisme au Portugal en 1974, il co-écrit le “Manifeste pour les libertés des minorités sexuelles”, premier essai portugais du genre. Même son statut très officiel de chef de cabinet du général Franco Charais au Conseil de la Révolution ne le fera pas rentrer dans le rang. Politiquement indépendant, cet activiste hautement subversif ne se laisse pas facilement impressionner. Il vit ses engagements sans faire de concessions, et se trouve souvent là où on ne l’attend pas (il fut un temps président du Comité des Droits Humains de la Palestine au Portugal).

Bien qu’il ait décidé de passer la main et de laisser la nouvelle génération prendre soin d’Opus Gay, il continue d’animer depuis 2000, “Vidas alternativas”, l’unique émission de radio gay du pays, dont il est par ailleurs le créateur. Régulièrement sollicité par les médias (il faut dire qu’il est un des rares gay sortis du placard), Antonio dit tout haut ce que peu de gens osent encore penser, même tout bas. Dans un pays où l’homosexualité cherche encore à conquérir sa visibilité, cet homme est un véritable conquérant des libertés et on espère qu’un jour, le Portugal lui rendra l’hommage qu’il mérite.

Antonio Serzedelo et la relève de l'Opus Gay

Plus d’infos sur Antonio et Opus Gay sur www.opusgay.org

Opus Gay

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